#ChallengeAZ : B comme Biographe familial

#ChallengeAZ

Sait-on la différence entre un biographe et un biographe familial ? Voici en quelques mots les différentes manières d’aborder le travail de biographie.

« Chaque biographie est une histoire universelle »

(Bernard Groethusen)

 

Le biographe et l’individu

Dans le cadre d’une biographie « simple », l’écrivain public que je suis s’attache à recueillir le plus fidèlement possible les souvenirs de son interlocuteur. Il s’agit dans un premier temps de faire émerger la demande : qui va lire ce que nous allons écrire ensemble ? S’agit-il de mémoires, ou de transmettre au plus grand nombre son histoire de vie ? La demande peut en effet être radicalement différente d’une personne à une autre. Certains auront à coeur de laisser une trace de leur existence pour leurs descendants, d’autres voudront détailler un pan particulier de leur parcours de vie, s’attarder sur une période. Le futur lecteur n’est pas si souvent déterminé, et là encore les souhaits peuvent être divers. Certains demanderont à être édités à compte d’auteur, d’autres au contraire souhaiteront une diffusion très restreinte…
Je vais évoquer ici deux exemples, qui me semblent tout à fait illustrer ces différences.
J’ai eu à travailler avec un vieux monsieur juif d’origine polonaise, à la demande de sa fille (et avec l’accord de l’intéressé, bien entendu), sur le recueil de ses souvenirs durant la guerre. Cette femme souhaitait que son père, très discret sur sa vie, puisse transmettre l’histoire de son parcours à ses petits-enfants. Notre travail donna lieu à un ouvrage destiné aux seuls membres de la famille, richement illustré de photographies de famille.

biographe familial

Une autre demande, plus atypique, m’est parvenue un jour : un autre vieux monsieur, qui venait de perdre son épouse, souhaitait écrire le récit de ses aventures extra-conjugales. Pour se sentir un peu plus vivant, peut-être, se remémorer d’agréables moments, qui sait ? Cela ne l’empêcha pas de s’interroger sur les origines de son infidélité, ce qui le ramena à sa petite enfance… Là, il n’était surtout pas question de diffusion familiale, mais il a souhaité que je l’accompagne dans sa volonté d’être auto-édité et pourquoi pas lu par le plus grand nombre.

Le biographe familial

Le premier travail évoqué, avec ce vieux monsieur juif polonais, pourrait s’apparenter à celui du biographe familial. Mais il est resté centré sur l’individu lui-même, ses sentiments, la perception de ses souvenirs. Pour devenir une biographie familiale, ses souvenirs auraient eu à être complété par des éléments plus factuels. Le biographe familial est là pour aider à retracer le parcours d’une famille, ses mouvements sociaux, géographiques… Agrémentée des souvenirs du narrateur, la biographie familiale a vocation à transmettre une histoire familiale bien plus qu’individuelle.
En ce sens, chacun peut s’atteler à la tâche. L’un des derniers numéros de la Revue Française de Généalogie y est d’ailleurs consacré.

217-10-astuces-pour-ecrire-son-histoire-familiale_mag

Le travail est ardu, long et complexe. Mais il ne faut pas se priver de cet outil formidable de transmission. Combien sommes-nous à déplorer que nos ancêtres n’aient pas laissé plus de traces de leurs parcours de vie ? Imaginez la richesse de votre travail pour vos enfants, petits-enfants…
Le lien entre mon métier d’écrivain public et ma passion pour la généalogie est ici le plus évident ; j’aime accompagner les gens dans cette transmission, et à être à mon petit niveau un passeur d’histoire(s).

Mon parcours

Après un parcours d’abord littéraire et artistique (cinéma/audio-visuel), puis juridique (Maîtrise de Droit Privé), j’ai eu une expérience professionnelle riche dans le domaine social et juridique, en étant pendant 12 ans Directrice de Service à la Protection Judiciaire de la Jeunesse. Travaillant d’abord en hébergement et centre de jour, en Normandie, je me suis ensuite installée en Languedoc-Roussillon où j’ai dirigé un service de milieu ouvert.
Je suis devenue auto-entrepreneur par choix, en décidant de me consacrer à ma passion première qu’est l’écriture. Je suis installée près de Nîmes, et je me déplace en cas de besoin dans tout le département, et au-delà pour des missions spécifiques (notamment pour les biographies).
Depuis le lancement de mon activité d’écrivain public, j’ai veillé à me former. Avant de débuter, j’ai suivi une formation auprès du C.N.E.D. pour compléter notamment mes connaissances en communication inter-personnelle.
Plus tard, j’ai suivi une formation Excel, et plus récemment j’ai obtenu le diplôme universitaire de Généalogie et Histoire des familles.
J’envisage maintenant de passer le certificat Voltaire.

mon parcours

Je participe régulièrement à des concours de nouvelles, genre littéraire que j’affectionne. Ma nouvelle « Dix ans de travail » a ainsi été publiée dans un recueil de nouvelles : Parler du Travail – Elles et Ils ont pris la plume – ARACT Languedoc-Roussillon ; la nouvelle « L’empreinte de Kammpi » a été publiée dans le recueil de la Cité des Sciences et de l’Industrie, suite au concours « Crime, la Science témoigne ». Enfin, « Le monologue dans la cage » a obtenu le troisième prix d’un concours littéraire sur internet.

tarifs services aux entreprises

Généalogie et histoire personnelle – Introduction au génogramme

Le lien entre la généalogie et notre histoire personnelle :

J’ai débuté la généalogie vers l’âge de quinze ans, et j’ai aujourd’hui du mal à me souvenir pourquoi. Ce que je sais, c’est que le sujet intéressait déjà mon père, et que j’ai toujours voulu que mon père soit fier de moi. Mais en y regardant de plus près, je peux faire coïncider cette étape avec le décès de mon grand-père paternel. Il n’est pas exclu que cela ait un lien avec le goût que j’ai développé pour la généalogie. Parce que finalement, qu’est-ce donc que la généalogie, sinon la recherche de ses ancêtres et de son propre positionnement dans une histoire familiale ?

Psychogénéalogie et génogramme :

En reprenant la généalogie, bien plus tard, je me suis sentie attirée par le domaine de la psychogénéalogie. Mon parcours professionnel dans le social n’y est bien sûr pas étranger, et j’ai un souvenir précis de ces réunions que j’animais et où je demandais, à chaque nouvelle étude de situation, un premier génogramme. Je sais l’importance de ces éléments, et vous n’imaginez sans doute pas le nombre de mineurs en grande difficulté qui ont un positionnement instable, décalé, voire faussé, dans leur lignée familiale. Combien d’enfants élevés encore par une grand-mère se faisant passer pour leur mère, parce que voulant cacher la grossesse de leur fille adolescente ? On croirait cela d’une autre âge, d’un autre temps, mais en réalité ces cas existent. J’en ai rencontré.
Voici un exemple simple de génogramme :

génogramme

La généalogie ou l’art de se poser des questions:

À l’issue de ces études de situations, nous repartions le plus souvent avec des questions. L’éducateur avait réalisé qu’une part de l’histoire familiale avait été occultée ; et en faisant le travail pour combler les trous, il lui arrivait souvent de mettre le doigt sur un endroit douloureux, inconsciemment transmis.
Savoir d’où l’on vient est essentiel pour savoir où l’on va. Se débarrasser des questions encombrantes sur son histoire familiale, c’est s’alléger d’un poids qui peut nous empêcher d’avancer.
Mais c’est aussi un travail sur nos décalages de perception. Combien de personnes sont persuadées qu’un tel, de leur ascendance, avait un parcours qui s’avère en réalité bien différent lorsqu’il est objectivé par les archives ? Que l’on grandisse un ancêtre, qu’on le masque ou qu’on minimise sa place, tout cela est révélateur à la fois de notre inscription dans un inconscient familial et du poids des représentations familiales.
Se pencher sur sa généalogie, c’est devenir l’adulte qui objective sa propre histoire, en acceptant de se débarrasser de toutes ces images transmises par ses parents, grand-parents. Il ne s’agit bien entendu pas ici de nier les témoignages précieux de nos anciens, mais bien de les compléter pour que l’image soit moins floue.

L’exemple de Maryse Vaillant :

J’ai rencontré Maryse Vaillant lors de ma formation à la Protection Judiciaire de la Jeunesse, et très vite, j’ai eu une impression curieuse concernant cette femme. Elle était déjà psychologue, mais je sentais chez elle une ambivalence, une censure qui m’ont empêchée de réellement l’écouter. Plus tard, je l’ai vue sur les plateaux de télévision, et mon impression n’a fait que se confirmer. Il a fallu des années et son décès pour que j’en apprenne un peu plus sur elle et comprenne mieux son parcours. Et j’ai découvert que tout était lié à son histoire familiale, à la répétition d’événements dramatiques touchant les femmes dans sa généalogie. S’il est un livre à découvrir dans son oeuvre, c’est celui qui raconte l’histoire à l’origine de tout son parcours. Et ce n’est sans doute pas un hasard si c’est celui qu’elle a écrit juste avant son décès.

maryse vaillant

 

Pour approfondir le sujet :

génogramme1507-1génogramme