Quand la piste s’arrête…

Généalogie sans fin

En matière de généalogie, rien ne se finit jamais ; il est toujours des ascendants à chercher, des parcours à retracer, des miettes à ramasser. Pourtant, il est des cas où brusquement la piste s’arrête. Il faut alors se faire une raison : il n’y a plus moyen de remonter.
Je n’avais pas encore été confrontée au cas des enfants exposés dans une généalogie me touchant de près. C’est maintenant chose faite et cela  m’est arrivé en débutant la généalogie de mes deux nièces. En remontant les générations, je me suis intéressé à leur patronyme ;  Borromée, et je suis tombée sur ce que j’appelle une piste froide.

 

La famille Borromée

Ce nom de Borromée ne vous est sans doute pas inconnu, c’est celui d’une grande et riche famille lombarde qui donnera son nom aux îles acquises en Italie. C’est aussi le nom d’un évêque, cardinal et saint du 16ème siècle, issu de cette même famille.
quand la piste s'arrête

Charles Borromée

De fait,  la légende familiale de mes nièces, du côté de leur père, faisait référence à ces origines possibles, tout en n’étayant pas ces dernières par de quelconques recherches.
Ce n’est pas pour retrouver d’illustres ancêtres à mes nièces que j’ai entrepris mes recherches, mais pour leur transmettre un peu de mon goût pour les histoires familiales. Je suis ainsi partie de leur père, né à Toulouse, suis remontée à leur grand-père, né au Puy-en-Velay. Ils sont tous deux toujours vivants. Puis ce fut leur arrière grand-père Borromée, lieutenant dans l’Armée de l’Air, né en 1915 à Orange. La famille Borromée s’est ensuite stabilisée géographiquement (« ensuite » signifiant en généalogie « avant »…), ce qui correspond aux moeurs de l’époque. Le père du lieutenant était un mécanicien employé au PLM (Paris-Lyon-Marseille), originaire de la Drôme. Son propre père, Léon Charles, était quant à lui originaire d’Ardèche, et domestique.
Léon Charles Borromée était issu d’une fratrie de 7 enfants, et s’est marié en 1876 avec une jeune femme lingère. A leur mariage assistaient leurs parents en vie, dont Charles Borromée, et l’acte indiquait son âge, ce qui m’a permis de remonter jusqu’à son propre mariage en 1835. C’est sur cet acte de mariage que j’ai découvert qu’il était de « père inconnu », et de « mère inconnue ».

 

Charles Borromée

La piste s’arrête donc là. Je sais maintenant qu’il est né à Valence et a été exposé (c’est-à-dire abandonné) « à la porte extérieure et principale » de l’Hôtel Dieu. Il était âgé d’environ trois jours, coiffé de deux bonnets blancs…
quand la piste s'arrête

Acte de naissance de Charles Borromée en 1812

D’où vient le patronyme de mes nièces ? De l’inspiration de Marianne Chauvat, qui travaillait à l’hospice et a présenté l’enfant ? Des deux employés de l’hospice général où l’enfant devait être conduit « pour qu’il y reçoive les soins que son état exige » ? Ou seulement du maire de Valence ? Peut-être bien des quatre.
Mes nièces ne le sauront jamais, certes, mais aujourd’hui elle en savent un peu plus sur ce petit bonhomme de trois jours qui s’est fait appeler par hasard Charles Borromée, du nom du cardinal précédemment cité. Elles connaissent une part de vérité sur leurs origines, et pour ma part, je trouve cela plutôt chouette. Leur quintisaïeul ne leur est plus totalement inconnu.
 Mais la piste s’arrête là.
Je profiterai d’un déplacement futur pour consulter les archives hospitalières de la Drôme et tenter de reconstituer l’itinéraire de Charles.

 

Pour aller plus loin sur le thème de cet article, je vous recommande les liens suivants :
Sur les enfants abandonnés à cette période
Sur les « boîtes à bébés »

 

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